Les femmes doivent dénoncer les violences qu’elles subissent

Plusieurs femmes ne dénoncent pas les violences qu’elles subissent dans leurs foyers de peur de perdre leurs mariages. C’est ce que révèle Georgette Ndaya, la bourgmestre de la commune de Dibindi lors du #Faceauxjeunes, une conférence-débat, organisée par Habari RDC avec l’appui d’Internews le samedi 13 novembre 2021 à Mbujimayi.

Invitée à parler des violences basées sur le genre, elle a, en tant qu’autorité d’une entité locale, mis l’accent sur son apport dans la lutte contre les VBG. Intervenant aussi à l’occasion de cette activité, Heidi Kabuya, avocate aux barreaux de Mbujimayi, a abordé le thème sur son aspect juridique.

Ce que fait la bourgmestre de Dibindi pour lutter contre les VBG

Georgette Ndaya, bourgmestre de la commune de Dibindi, a partagé à l’assistance les  stratégies appliquées pour identifier les différentes formes de violences, dont sont victimes les femmes dans leurs foyers. Parmi ces stratégies, il y a l’organisation des forums de quartiers, où sont réunis les femmes et les jeunes afin d’identifier les problèmes auxquels ces deux catégories de la population sont confrontées. Elle dit vulgariser les droits des femmes. « Nous organisons des vulgarisations des droits parce que on ne peut pas parler de droits sans les connaître. Quelqu’un qui ne connait pas les droits ne va pas parler de violences», explique-t-elle.

La bourgmestre constate que plusieurs femmes ne dénoncent pas les violences qu’elles subissent dans leurs foyers de peur de perdre leurs mariages. Elle renseigne que celles qui ne sont pas autonomes financièrement sont plus exposées. D’où un projet d’autonomisation qu’elle exécute à Mikonka, un des quartiers de sa commune, réputé pour l’insécurité et la prostitution des femmes et jeunes filles.  Georgette Ndaya explique que depuis le lancement du projet, une cinquantaine de femmes ont bénéficié d’une somme d’argent, leur permettant de démarrer des activités génératrices des revenus. Le service du genre, familles et enfants, opérant au sein de sa juridiction, suit toutes ces femmes.

Lutte contre les VBG: il faut l’intervention de plusieurs acteurs

Pour Heidi Kabuya, avocate aux barreaux de Mbujimayi, la lutte contre les violences basées sur le genre demande l’intervention de différents acteurs travaillant de concert au niveau communautaire. S’appuyant sur la déclaration des Nations-Unies, l’oratrice définit la violence à l’égard des femmes et des filles comme « tout acte de violence basée sur le genre entraînant, ou pouvant entraîner, des souffrances ou des troubles physiques, sexuels ou mentaux.»

A propos de la violence basée sur le genre (VBG), Heidi Kabuya considère que  « c’est l’ensemble des actes nuisibles, dirigés contre un individu ou un groupe d’individus en raison de leur identité de genre. Cette violence prend racine dans l’inégalité entre les sexes, l’abus de pouvoir et les normes néfastes.»

D’après elle, les femmes subissent plusieurs formes de violences : physiques, psychologiques, conjugales et sexuelles. L’oratrice soutient que les violences sexuelles sont récurrentes en République démocratique du Congo. Heidi Kabuya précise également que d’une manière générale, la violence constitue un traumatisme. Pour elle, les personnes qui en subissent vivent « avec le sentiment qu’elles sont méprisables dans la société.» Raison pour laquelle elle invite les femmes et les jeunes filles à dénoncer les violences, dont elles sont victimes.