Dimanche, quatrième jour de pénurie d’eau à Mbuji-Mayi

Depuis plus de trois jours, aucune goutte d’eau ne jaillit aux robinets de la Régideso dans presque tous les quartiers de la ville de Mbuji-Mayi. La situation n’a guère évolué positivement jusque ce dimanche. Faute de cette denrée indispensable, la population a passé une journée dominicale cauchemardesque.

Ils se sont réveillés très tôt le matin pas pour aller à l’église mais plutôt pour se mettre à la recherche de l’eau. Hommes, femmes, jeunes et enfants ont été aperçus à travers la ville cherchant un point pour s’approvisionner en eau. Il y en a qui se dirigent vers les rivières qui environnement Mbuji-Mayi. D’autres préfèrent aller se ressourcer aux bornes fontaines.

« Moi, je viens de Mpokolo où j’ai acheté ce bassin d’eau. Je l’emmène à Tshikila pour les besoins de la maison. C’est très loin ! C’est depuis cinq heures que je suis debout avec une quantité d’eau qui ne suffit même pas pour les besoins de la journée », déplore une dame rencontrée au rond-point de l’Université.

Juste à quelques mètres de celle-ci, une autre dame avec un nourrisson dans ses bras renchérit :

« Mon mari doit se laver la même eau que vous voyez, mes enfants et moi aussi. Il va falloir que je revienne puiser pour la seconde fois mais je n’ai plus de force. Je peux même tomber malade avec toutes ces courses ».

Pour une ville qui compte plus de trois millions d’habitants, cette pénurie d’eau peut avoir plusieurs conséquences si l’on n’y prend pas garde. D’où cet appel aux pouvoirs publics.

« L’État doit veiller à ce que nous ayons régulièrement de l’eau aux robinets. Ce que nous vivons ici est inhumain. Comment allons-nous vivre dans ces conditions ? On attend qu’il y ait des maladies que les gens meurent pour intervenir ? », s’interroge un jeune étudiant visible ment essoufflé par le bidon de 20 litres qu’il transporte.

Pour le moment, un bidon jaune de 20 litres se négocie entre 800 et 1000 FC auprès des revendeurs selon les quartiers.

A Mbuji-Mayi, c’est la Régideso qui dessert la quasi-totalité de la population en eau potable. Cependant, cette société de l’État dit être confrontée au manque d’énergie électrique pour pomper l’eau parmi la population. En cause, une panne technique survenue sur la centrale hydroélectrique de Tshiala.